Stephan Français - Thomson Computing

Portrait

Thomson Computing à l'assaut des géants de l'informatique

Rencontre avec Stephan Français, ancien directeur des achats chez Surcouf, créateur en 2013 du groupe SFIT (Pontault-Combault) pour relancer la marque Thomson.

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Stéphan Français avoue d’emblée un affect très fort pour Thomson, marque qui éveille en lui des souvenirs d’enfance. "Mon père a accompli la majeure partie de sa carrière chez Thomson, entreprise dans laquelle il a fini ingénieur. J’ai donc grandi avec les innovations technologiques des produits Thomson", confie-t-il. "Aujourd’hui, je crois possible de devenir le leader européen des fabricants d’ordinateurs portables face aux géants Américains et Chinois que sont Apple, Dell, HP ou Lenovo".

Le pari du "made in France"

Après avoir commencé à produire en sous-traitant à des usines chinoises (notamment chez Foxconn, fournisseur réputé d’Apple), Stéphan Français choisit, dès 2015, de relocaliser une partie de sa production en France en ouvrant une chaîne de montage à Noisy-le-Sec, non loin de son siège social établi à Pontault-Combault. "Nous disposons ainsi de notre propre chaîne d’assemblage, d’une chaîne de production logicielle et d’une troisième de packaging, détaille-t-il. Si les composants de nos matériels restent, pour la plupart, produits en Asie, ils sont tous sélectionnés pour leurs performances par notre équipe d’ingénieurs et commandés auprès de fournisseurs français".
De fait, les produits Thomson Computing ne tardent pas à se faire remarquer. En 2015, au salon professionnel MedPi des nouvelles technologies, l’entreprise est récompensée du Prix de l’Innovation pour son ordinateur 14 pouces le plus fin du monde. Grâce à la maîtrise de ses coûts de production, à l’analyse fine des besoins du marché et à ses partenaires technologiques de premier plan, parmi lesquels les Américains Microsoft et Qualcomm, Thomson Computing propose des produits ayant une forte empreinte innovante à des prix jusqu’à 35% inférieurs à ses concurrents.

Chiffres clés (année 2020)

  • 47% de parts de marché France sur le segment des PC portables < 300€ TTC
  • 71,7 M€ de chiffre d’affaires (en progression de 51%), il devrait tripler d’ici à 2023
  • De 34 salariés, Thomson Computing en comptera le double en 2023.

L’innovation à prix canon

"Face à une concurrence effrénée, nous avons mis en place une stratégie audacieuse et décalée qui focalise notre production sur 3 segments, reprend Stéphan Français : les ordinateurs NEO et NEO X d’entrée de gamme (140 à 300€), qui constituent l’essentiel de nos ventes ; les NEO Y de gamme intermédiaire (300 à 500€) dont les ventes sont en constante progression ; enfin la gamme NEO Z (500 à 900€), des ordinateurs haut de gamme embarquant les dernières innovations technologiques (connexion 4G et 5G). Chacune de ces gammes de produits présente des fonctionnalités, des performances et des innovations qui correspondent, chez nos concurrents, à leur gamme de produits supérieure. Nous présentons donc un rapport qualité/prix très compétitif ".
L’ambition affichée par la PME, qui compte aujourd’hui 35 salariés pour un chiffre d’affaires - en progression rapide et constante – supérieur à 70 millions d’euros (2020), est de devenir le leader mondial des fabricants d’ordinateurs d’entrée de gamme. Distribuée en e-commerce par CDiscount et Amazon, et par les sociétés de distribution Electro Dépôt, Leclerc ou MédiaMarkt, elle est d’ores-et-déjà leader en France avec 47% des parts de marché sur ce segment, loin devant Samsung ou HP.

Les bénéfices d’une stratégie décalée

Et l’avenir semble radieux, en partie grâce à la crise liée à la Covid-19 qui modifie le comportement des consommateurs à l’égard de l’outil informatique : la demande en produits abordables et mobiles enregistre une très forte hausse sur les douze derniers mois, et les projections sur les trois années à venir sont exponentielles.
Thomson Computing entend notamment saisir sa chance d’investir l’énorme marché américain (28% du marché mondial) en développant son offre sur Amazon USA et en négociant un accord commercial avec Walmart, le géant de la grande distribution. Le marché potentiel s’offrant à Thomson Computing aux Etats-Unis est estimé à plus de 31 milliards de dollars en 2024, soit près de 4 fois supérieur à son niveau actuel.

Un partenariat poids lourd !
Thomson Computing a signé, dès 2016, un contrat d’exclusivité de 20 ans avec Teddy Riner, icône mondiale du judo. Présent sur les emballages des produits, il s’avère un ambassadeur exceptionnel de la marque, notamment en Afrique, au Japon ou en Russie. Mieux encore, le décuple champion du monde et double champion olympique est entré au capital du groupe SFIT à hauteur de 8%, signe de sa confiance et de son soutien à l’ambition du made in France portée par le groupe.

Des perspectives de croissance prodigieuses

La crise sanitaire a également accéléré le processus de relocalisation des activités externes de l’entreprise, essentielles à son essor : il était primordial de retrouver la maîtrise des lignes de fabrication des ordinateurs. D’où l’implantation, en 2020, d’un nouveau site de production à Pontault-Combault qui accueille les nouvelles unités de R&D, avec le recrutement d’ingénieurs et de techniciens qualifiés, et héberge de nouvelles chaînes d’assemblage.
Confiant dans sa stratégie commerciale basée sur l’innovation continue de ses produits, les ambitions du groupe sont sans ambiguïté : 12 personnes ont été recrutées en 2020, et la progression des effectifs se poursuivra à ce rythme ces prochaines années. Quant au chiffre d’affaires, alors que les carnets de commandes de l’entreprise sont pleins, les projections sont étourdissantes : il devrait être multiplié par 3 en 3 ans… et par 7 en 5 ans !

Salariés actionnaires
Signe d’une entreprise qui croit en elle, les embauches chez Thomson Computing se font exclusivement en CDI. Mais ce n’est pas tout : tous les salariés de l’entreprise ayant plus de trois mois d’ancienneté en deviennent automatiquement actionnaires, grâce à l’émission d’actions gratuites. Cela fait partie de la politique d’intéressement voulue par Stéphan Français pour motiver ses équipes, même si l’entreprise applique, jusqu’à présent, une stratégie de non distribution de dividendes au profit des investissements.

Thomson : une marque

Thomson. Un nom, une marque qui résonne au cœur de tous les Français. Personne n’a oublié le leader historique de la technologie française des années 1980. Qui n’a possédé un poste radio, un téléviseur ou un magnétoscope de marque Thomson dans sa vie ? Sans oublier les fameux ordinateurs TO7 et MO5 qui équipèrent les établissements scolaires de l’hexagone pour initier les collégiens à l’informatique.
La marque est aujourd’hui la propriété du groupe français Technicolor qui délivre des licences pour la commercialisation de produits électroniques et électroménagers. Une opportunité que Stéphan Français, ancien directeur des achats chez Surcouf et désormais PDG du groupe SFIT, saisit en 2013, résolu à relancer la production d’ordinateurs portables sous la marque Thomson Computing en France.